Salomon Cyprien FALGUIÈRE

Thierry MARTIN

Il n’est pas nécessaire d’être frappé par une balle ou un obus pour mourir à la guerre, Salomon FALGUIÈRE n’est pas mort lors d’une bataille, ni au cours d’un bombardement, il est décédé à l’hôpital d’une maladie contractée en service. Mort pour la France.

Ce qu’on sait de lui
Né le 5 septembre 1876 à Bréau, il était le fils d’Alexandre FALGUIÈRE  et de Fanny PEYRE. L’extrait de son registre matricule nous dit qu’il avait les cheveux et les sourcils blonds, les yeux châtain, le front large, le nez « gros», la bouche « grande », le menton « long » et le visage « ovale». Il mesurait 1m 59 et son niveau d’instruction générale était de 3 sur une échelle allant de 0 à 5. (0 = ne sait ni lire ni écrite – 1 = sait lire – 2 = sait lire et écrire – 3= sait lire, écrire, compter – 4= a obtenu le brevet de l’enseignement primaire – 5= bachelier, licencié etc…). Il était considéré comme exercé militairement. Célibataire, faiseur de bas, son dernier lieu de résidence était Aulas. Il était de la classe 1896 sous le N° de matricule 2619.

Son parcours militaire
Ruines de Malancourt
Ruines de Malancourt
Au conseil de révision, il est placé dans la première partie de la liste (apte au service armé) sous le n° 94. Il est incorporé au 61e Régiment d’Infanterie (61e RI) caserné à Aix-en-Provence et Privas pour y effectuer son service militaire à compter du 16 novembre 1897. Il est libéré de ses obligations militaires le 24 septembre 1900, avec un certificat de bonne conduite.

Il est mobilisé au 117e Régiment d’Infanterie territorial (117e RIT°) et arrive au régiment caserné à Nîmes dès le 4 août 1914.

Jusqu’au 6 août s’effectuent les opérations de mobilisation, habillement équipement et armement.

Dans la nuit du 6/7 août départ pour Nice. Embarquement à la gare de marchandises de Nîmes. Le 2ème bataillon traverse les rues de la ville avec le drapeau du régiment sous les ovations de la population.

7 août arrivée  et cantonnement à Nice. Le 117e RIT doit participer à la surveillance de la frontière avec l’Italie alliée de l’Allemagne et de l’empire Austro-Hongrois dont on ignore encore les intentions.

A partir du 8 août le régiment se déploie et cantonne dans les villages de Saint-André, Falicon et Tourette-Levens sur les hauteurs de Nice.

Jusqu’au 25 août pas d’incident à signaler, l’instruction continue.

Le 26 août petite alerte sur Levens ou l’on aurait signalé des ennemis. Lesquels ?

Jusqu’au 11 septembre, manœuvres, marches tir et instruction au programme.

Le 14 septembre, le 117e RIT doit fournir 750 hommes pour renforcer les régiments d’actives ayant subit de grosses pertes. Le 3ème  bataillon fournit 200 hommes destinés à rejoindre le dépôt du 40e RI à Nîmes Salomon FALGUIÈRE et de ceux-ci. Il arrive à Nîmes le 19 septembre. Il y reste jusqu’aux environs du 10 octobre, puis, affecté au 240e RI il fait parti d’un détachement de 342 hommes de renfort qui arrive au front entre le 11 et le 16 octobre dans le secteur de Saint-Mihiel. Le 240e RI, régiment de réserve du 40e RI a subi des pertes énormes durant le premier mois de guerre, au 10 septembre il ne reste plus que 1000 hommes en état de combattre. Il recevra en tout plus de 1400 hommes en renfort venant des unités territoriales. Au 18 octobre le journal de marche et des opérations du régiment (JMO)  dit que « le 240e RI est devenu un régiment de territorial : 1400 territoriaux sur un effectif total de 2200 H ».

Du 16 au 30 octobre 1914 le régiment est au bivouac un repos qui n’en est pas vraiment un. Il participe à des travaux divers et est soumis à quelques bombardements qui font 4 blessés.

Le 1er Novembre le 240e Rl quitte le bivouac pour se rendre par étapes (58 kms à pied) à Béthelainville ou il cantonne à partir du 11 Novembre. Jusqu’à la fin du mois il est employé à des travaux de terrassement, de clayonnage etc… dans les tranchées dans les environs de Malancourt et du Bois d’Avaucourt, secteur qui deviendront tristement célèbres au cours de la bataille de Verdun mais qui sont à ce moment relativement calmes.

Le contexte
Nécropole Nationale de Neufchâteau
Nécropole Nationale de Neufchâteau
Quand Salomon FALGUIERE rejoint le 240e RI au front, le régiment a été très durement éprouvé physiquement et les hommes sont démoralisés par les échecs qu’ils ont subit dans leurs attaques et les pertes qui s’en sont suivies, plus de 50% des effectif.

Le régiment est retiré de première ligne pour se reposer et se reconstituer. Lui, n’a donc pas connu les meurtriers combats d’infanterie et les pilonnages d’artillerie. Par contre il a bien connu le travail harassant dans les tranchées sous le rude climat du mois de novembre meusien. Il y est tombé malade suffisamment sérieusement pour être transféré le 23 novembre à l’Hôpital d’évacuation de Neufchâteau dans les Vosges, ou il est mort le 7 décembre 1914. Il est inhumé à la Nécropole Nationale de Neufchâteau tombe N° 295. Il avait 38 ans.

Sources :
Les travaux de Christiane GERBAL – Mémoire sur les  Morts pour la France de Bréau et Salagosse.
Le site : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr